Vente et synchronicité : le signe d’un processus de changement vers plus d’efficacité ?

Depuis que le sujet me taraude, je prends enfin la plume pour partager ce que je sais, ou plutôt sur ce que j’observe au sujet des synchronicités. Sujet potentiellement sensible tant il renvoi à des phénomènes obscurs, à l’inconscient collectif, aux croyances, à des élaborations scientifiques d’un niveau de complexité tel qu’il laisse le commun des mortels dont nous sommes à l’écart du premier stade de compréhension.

 Cependant, les synchronicités sont bien là, elles nous disent quelque chose de nous et de ce que nous sommes en train de faire, et non seulement cela, elles nous disent parfois que nous allons et accompagnons les autres dans la bonne direction.

 Alors, synchronicité et vente, la coupe est pleine, que vient faire cet ésotérisme new age dans le monde de la rationalité et de la croissance du CA ?

J’ai souhaité partager mes expériences de plus en plus fréquentes de synchronicités lors de séances d’accompagnement d’équipes commerciales car elles sont le signe d’évolutions tangibles, éloigné des discours traditionnels des formateurs et méritent une attention particulière car plus que tout autre, elles manifestent les changements en cours.

Un mot d’abord pour définir ce qu’est le concept de synchronicité. Théorisé pour la première fois par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, la synchronicité est l'occurrence simultanée d'au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l'association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Nous pourrions dire qu’une synchronicité est la coïncidence de 2 événements porteurs de sens.

 Ainsi pour prendre un exemple récent, l’un des stagiaires dans un moment de co- développement décide de travailler sur la situation d’un client qui ne lui donne plus signe de vie depuis 6 mois malgré les multiples tentatives faites en ce sens. Je ne me souviens plus des recommandations produites par le groupe, après la pause cependant, le participant porteur du cas revient à la fois excité et surpris et annonce « c’est incroyable, mon client vient de me laisser un message sur mon portable pendant qu’on travaillait sur son cas alors qu’il ne l’avait même jamais fait jusqu’à présent ».

 Le sourire en coin, s’agissant d’un groupe dont je démarrais la première séance et que j’étais amené à revoir à plusieurs reprises, je pu leur dire « Ceci est probablement le signe que nous allons faire un très bon travail ensemble » puis en position haute volontairement exagérée pour capter leur intérêt, « je vais vous expliquer ce qui se passe, connaissez-vous le concept de synchronicité ? »

L’appel d’un client sur le portable d’un commercial comme le travail sur une situation client de la part d’un commercial sont bien deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité.

Par contre, que l’appel se produise au moment même où le travail en question porte précisément sur la difficulté à joindre ce client, rend les deux événements porteurs d’un sens qu’aucun des 2 événements n’avait seul. Cette coïncidence d’événements porteurs de sens devient alors une synchronicité.

 Quel est le sens des synchronicités ?

 Vous remarquerez que la question que je pose n’est pas comment expliquer les synchronicités, je laisse cela à d’autres et donnerait à la fin de cet article quelques références à ceux qui veulent aller plus loin. Sur la question du sens, je proposerais un premier élément de réponse très simple qui est celui de dire que c’est le signe que l’on va dans la bonne direction et qu’une transformation est en cours et / ou à venir. C’est pour moi le signe d’un bon alignement entre nos désirs inconscients, ce que l’on produit dans le réel, nos projets, notre environnement et les personnes que l’on trouve sur notre route.

Dans l’exemple cité ou j’ai accompagné plus d’une dizaine d’équipes sur une période de près de 2 ans, j’avais pu observer et poser comme diagnostic par rapport aux objectifs de la direction de l’entreprise d’évoluer vers une posture et démarche de vente conseil, qu’un des premiers apprentissages à réaliser allait être d’apprendre à se poser, retrouver une meilleure maîtrise du temps et de l’action pour entrer dans un échange et une élaboration plus féconde avec les clients.

 Ceci étant, cette synchronicité était un cadeau fait au groupe, à ma mission et à la facilitation pédagogique des changements attendus. Les premiers cas travaillés de la journée nous confirmaient cette bonne direction puisque simplement en se posant, « pour une fois » pour certains, les clients venaient aux commerciaux sans effort particulier de leur part.

 Dans ce contexte comme dans d’autres, dès lors qu’il est question d’une réelle évolution, les synchronicités sont bien entendus tout à fait intéressantes à repérer, ce notamment lorsqu’elles semblent prendre à contre-pied la culture dominante de l’organisation. C’est là qu’elles ont selon moi le plus de sens et de levier potentiel d’évolution.

Pour donner un sens plus étayé à mes propos, je terminerai par le partage de travaux scientifiques avancés sur le sujet, ceux notamment de Philippe Guillemant qui est ingénieur physicien diplômé de l’Ecole Centrale Paris et de l’Institut de Physique du Globe. Il est Dr en physique du rayonnement et exerce son activité au CNRS où il est Ingénieur de Recherche hors Classe.

Il est l’auteur de la théorie de la double causalité, un modèle de création de la réalité fondé sur le libre arbitre via la rétro-causalité, présenté dans trois livres “La Route du Temps” (Le Temps Présent), "La Physique de la Conscience" et "Le Pic de l'Esprit" chez Trédaniel.

Voici ce que dit Philippe Guillemant au sujet de l’état d’esprit et des conditions qui président à l’émergence de processus de synchronicité :

  1. Avoir un besoin d'aide authentique
  2. Faire une demande liée à une réelle préoccupation au moment de la demande
  3. Prendre le risque de " se mouiller " par un comportement risqué, non raisonnable et surtout pas raisonné
  4. Demander quelque chose dont la réalisation aura une réelle incidence sur son chemin de vie (changement)
  5. Conserver son libre arbitre : surtout ne pas demander à l'"Ange" de choisir à sa place
  6. Atteindre un niveau suffisant de détachement et de lâcher prise
  7. Voir naître en soi un authentique sourire intérieur
  8. Sortir des habitudes et sentiers battus au moment de la demande (ou s'apprêter à le faire)
  9. Se positionner dans le don de soi et ressentir l'amour qui l'accompagne.

 Enfin pour conclure cette réflexion, je citerai le Dalai Lama :

 << Je me laisse guider par la synchronicité, et ne laisse pas les attentes entraver mon chemin … >>.

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